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4 partis politiques satiriques qui pourraient vous remonter le moral

Avec les élections provinciales qui sont derrière nous et les mid-terms américaines qui s’en viennent (les États-Unis sont constamment en élections, anyway), j’ai pensé qu’il serait intéressant d’énumérer des partis politiques satiriques qui utilisent l’humour pour se faire entendre. Prenez cet article comme un pansement sur vos blessures politiques (personnellement, ma blessure de 2016 saigne encore). Ça fait que sans plus tarder, voici quatre partis qui pourraient vous faire rire plus que les jokes politiques cringy de Guy Nantel.

1. Boire pour moins boire

Le Polska Partia Przyjaciół Piwa (PPPP), ou en français le « Parti polonais des amis de la bière », a été créé en 1990 par le satiriste Janusz Rewiński avec l’intention de… contrer l’alcoolisme. Ça peut paraître contre-intuitif d’encourager la consommation de bière pour diminuer l’alcoolisme, mais ça a été fait dans le but d’inciter les gens à boire autre chose que de la vodka, très populaire dans certains pays d’Europe de l’Est et fléau national en Pologne. Selon la vision du PPPP, le financement de pubs à l’anglaise offrant d’excellentes bières aurait amélioré la qualité de vie des consommateurs et du pays. Bien entendu, étant donné son statut de parti politique satirique, personne ne l’a pris au sérieux…

Sauf qu’aux élections de 1991, le parti a remporté 16 sièges sur 460 au Sejm, l’une des chambres du Parlement polonais qui pourrait être comparée à la Chambre des représentants des États-Unis. C’est pas énorme, mais c’est tout de même considérable pour un parti qui se voulait comme une joke. Le pire, c’est que des divergences d’opinions au sein du parti ont fini par le séparer en deux… la Grosse bière et la Petite bière. Au final, les deux partis se sont dissous en 1993, mais ont influencé la création de partis similaires en Europe de l’Est, dont le Beer Lovers Party en Russie.

Même si le PPPP a été un échec, il y a actuellement un déclin de la consommation de vodka en Pologne. Un sondage réalisé en 2010 par CBOS sur les habitudes de consommation des habitants de la Pologne a démontré que 17% des gens préfèrent toujours la vodka, alors que 21% des gens se tournent vers… le vin. Close enough.

 

2. Vivre sur Tatooine?

Certains partis poussent la satire à son maximum, dont le Magyar Kétfarkú Kutya Párt (MKKP), ou le « Parti hongrois du chien à deux queues ». Créé en 2006 dans le but de parodier les élites politiques à l’aide du street art, le MKKP est enregistré en tant que parti politique officiel depuis 2014 seulement. Parmi les « candidats » pour lesquels les hongrois peuvent voter, il y a notamment un gorille, un poulet et… le Père Noël. [Insérez une blague de votre choix sur la qualité des candidats de la CAQ]

Dans la plupart des cas, le « programme » du MKKP est d’offrir le contraire de ce que les autres partis promettent. Aux élections de 2014, le parti nationaliste au pouvoir (Fidesz) a promis d’abaisser les prix des énergies. La promesse du MKKP? Augmenter le prix de l’essence. D’autres promesses du MKKP sont, entre autres, la vie éternelle, la bière à volonté, deux couchers de soleil par jour et le lancement de missiles d’ocytocine dans l’atmosphère pour la paix dans le monde. En effet, l’ocytocine pourrait augmenter l’empathie des gens et diminuer l’anxiété, et donc aider à la diminution des conflits internationaux.

Malgré des idées prometteuses, en particulier celles qui s’opposent au nationalisme montant en Hongrie, le MKKP n’a pas obtenu assez de votes aux élections de 2018 pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale. Sad trombone.

 

3. Une lutte à la chefferie

Je me devais de mentionner au moins un parti politique canadien, mais au lieu de m’attarder sur les classiques comme le Lemon Party ou le Parti Rhinocéros, je voulais évoquer le Canadian Extreme Wrestling Party (CEWP), créé en 1999 et basé à Terre-Neuve. Contrairement à la plupart des partis mentionnés dans cet article, le CEWP n’a jamais été enregistré comme parti officiel et n’a pas non plus de programme farfelu. Alors pourquoi est-ce que j’en parle? Parce que son premier chef, Quentin Barboni, a été élu à la tête du parti après avoir combattu (littéralement) onze autres lutteurs en Battle Royale durant une convention (aucune source précise si c’était stagé ou non, par contre). Je sais pas pour vous, mais j’aurais payé cher pour voir Hillary Clinton et Bernie Sanders s’affronter à coup de body slam durant les primaires démocrates de 2016.

La seule élection notable du CEWP est celle de St-John’s-Ouest en 2000 où s’est présenté le lutteur Edward John White, mieux connus sous ses noms d’artiste Sailor White et Moondog King. Comme le parti n’était pas enregistré, White s’est présenté en tant que candidant indépendant mais a perdu l’élection (tout comme celle de 2004, cette fois avec le Parti Vert du Canada). Au final, le CEWP et sa méthode révolutionnaire de course à la chefferie ont été aussi éphémères que les espoirs du PQ de redevenir relevant.

 

4. Qui va à la chasse perd… son comté?

Si vous pensez que la méthode de sélection du chef du CEWP est absurde, c’est parce que vous n’avez jamais entendu parler du McGillicuddy Serious Party (McGSP), établit en Nouvelle-Zélande de 1984 à 1999. L’une des nombreuses méthodes de sélection des candidats a été de se battre à coup d’épées faites en journaux et de se lancer des ballounes d’eau. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est le perdant du combat qui devenait le candidat et non le gagnant. Mais c’est rien comparé au processus de sélection de 1996, où le parti a joué à la chaise musicale pour choisir ses candidats. Oui, la chaise musicale. Les règles étaient simples : chaque chaise représentait un comté, et la personne qui s’assoyait sur la chaise obtenait le comté qu’elle représentait. La stratégie n’était pas vraiment au rendez-vous, mais le parti pouvait se vanter d’offrir l’égalité des chances à ses candidats.

Même si le parti n’existe plus depuis la fin du dernier millénaire, son ancien président Mark Servian publie cette année une nouvelle édition du manifeste du McGSP, insistant sur certaines idées du parti qui se sont révélées partiellement vraies, dont l’intention d’envoyer des agents pour effacer la Nouvelle-Zélande des cartes du monde. Le but de cette politique était notamment d’empêcher des envahisseurs d’attaquer le pays. Bien entendu, personne n’a été engagé pour effacer ce pays des cartes, mais on a récemment constaté que plusieurs cartes du monde oublient d’inclure la Nouvelle-Zélande. Une grande victoire pour le McGSP mais une petite défaite pour la culture générale.

 

Bonus : Jugem Jugem

J’ai choisi comme bonus le parti tchèque Strana Mírného Pokroku v Mezích Zákona. La traduction anglaise officielle est The Party of Moderate Progress Within the Bounds of the Law, que je traduis librement en français par « Parti du progrès modéré au sein des limites de la loi ». C’est drôle parce que c’est long.

Écrit par Dave Gilbert

Dave est étudiant en histoire et s'intéresse beaucoup à la politique américaine. Ses autres passions sont la culture japonaise et regretter d'avoir regardé des vidéos qui font peur avant de se coucher. Il ne manquera jamais l'occasion de faire une référence à Jojo's Bizarre Adventure dès qu'il le peut.

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