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Le manifeste du Livreur

On connaît tous un livreur. Si on évoque cette occupation, on as tous une image qui nous vient en tête, de cette personne qui sonne à votre porte.

Le livreur, c’est le messager des temps modernes. Le Hermès de la restauration. C’est cette personne qui brave les températures invivables et les temps innommables pour remettre l’objet fromagé de votre convoitise pour un salaire moindre que le postier. C’est cette personne à qui l’on accepte tous d’ouvrir sa porte. Qui ne se plaint jamais, ne mentionne jamais quoi que ce soit de négatif (sauf peut-être la neige en février) quand on lui demande de payer par carte.

Devant le livreur, il n’y a pas vraiment de raison de vouloir forcer cette vision de nous que l’on voudrait que les autres aillent de nous. Avec lui, rien n’est privé. On ouvre la porte sans peur de se dévoiler. Physiquement ou émotionnellement. Le livreur ne juge pas. Sauf si vous ne tippez pas.

Parfois on a son prorpre livreur à soi, notre régulier. Celui qui est plus rapide, plus sympathique ou simplement parce qu’il travaille pour votre restaurateur préféré. Sauf que, si l’on vous demande de le reconnaître en pleine rue, sans sa pizza et son bolide, vous aurez un doute. Le livreur n’a pas vraiment de visage ou d’apparence qui lui est propre. Seulement un rôle, un uniforme, une apparence vague. On se souvient parfois d’un détail, d’un ton de voix, d’une origine ou de son bolide. Le livreur est un véhicule à nos désirs.

Le livreur n’est pas là pour vous remettre devant l’idée que l’on déshumanise son rôle. Le livreur non plus ne se rappelle pas votre visage mais pourtant, cette personne en sait probablement parfois plus sur vous que plusieurs de vos proches.

Un dicton nous rappelle qu’il est parfois plus facile de se confier à un étranger. Celui-ci ne peut que nous croire, ne peut nous remettre en question, ne peut briser la confidentialité de notre propos. On peut lui raconter nos états de pensées, nos histoires et nos frustrations. Sa présence est assez étrangère pour qu’on ne se soucie pas de ce qu’on lui montre, assez pour que l’on sache qu’il n’y a pas de conséquences.

Et parfois, On a besoin de cet inconnu pour passer un message. Prendre le temps de lui parler sur un coin de porte, de lui laisser un message sur sa boite vocale ou un papier collé sur la porte pour lui transmettre ce qu’on a sur le cœur.

Ici, c’est ce que le livreur vous offre. Vous voulez raconter votre histoire, votre message? Dans une ère de la dénonciation, du message direct, certains peuvent sentir le besoin d’avoir un intermédiaire pour s’assurer que le message soit le point d’intérêt. Parfois, le sujet est plus grand que le messager et vous voulez qu’on s’en occupe plutôt que de la personne derrière le clavier.

Avec lui, on parle de passions inavouées, de rêves inachevés, de frustrations envers la société, d’appel à la population.

Le livreur se propose d’être votre voix. De façon anonyme, vous pouvez le contacter directement et lui raconter votre histoire, votre message. Le livreur accepte les messages vocaux et s’occupera de transcrire, vos histoires seront rédactées (ou modifiées pour le format de l’article) et seront signée au sobriquet de votre choix. Seul le livreur (qui reste anonyme sur la Pizza) a accès à votre message.

Vous pouvez le considérer comme un courrier du cœur anxieux, un moyen de vous défouler sans devoir vous justifier à vos proches. Ou utiliser l’article comme bouclier lorsque vous le publierai.

Le livreur n’aime pas la discrimination, la haine contre les désavantagées de la vie. Si votre message est colporteur de haine, il risque d’être livré à la mauvaise adresse.

Le livreur.

lelivreurdepizz@gmail.com

Écrit par Le Livreur

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